Avers
Napoléon III de profil, regard vers la droite, sans laurier, cheveux courts, moustache et barbiche. Légende « NAPOLEON III EMPEREUR ». La signature BARRE est gravée sous la base du cou, entre deux minuscules symboles.
Fiche du site Numismatique Grasse, par Maison Or & Bijoux Mougins · revue le

| Métal | Or 900 ‰, soit 5,806 g d'or fin |
|---|---|
| Poids | 6,45 g |
| Diamètre | 21 mm |
| Années de frappe | 1853 à 1860 |
| Ateliers | A (Paris), toutes les années ; BB (Strasbourg) en 1855, 1856, 1858, 1859 et 1860 ; D (Lyon) une seule fois, 1855 |
| Tirage total | 146 544 669 |
| Références | Le Franc F.531 |
| Catégories | de France, Pièces d’or |
Pendant les huit premières années du Second Empire, le 20 francs or montre Napoléon III sans couronne. C'est l'un des napoléons les plus abondants qui soient, avec plus de 146 millions de pièces. Sa banalité apparente cache pourtant quelques dates et quelques symboles que les collectionneurs regardent de près.
Napoléon III de profil, regard vers la droite, sans laurier, cheveux courts, moustache et barbiche. Légende « NAPOLEON III EMPEREUR ». La signature BARRE est gravée sous la base du cou, entre deux minuscules symboles.
« 20 FRANCS » et la date sur trois lignes, au centre de deux branches de laurier liées par un ruban. Autour, « EMPIRE FRANÇAIS ». Sous le nœud se lit l'initiale de l'atelier : A, BB ou D.
Quatorze combinaisons en tout, toutes présentes ici. Paris domine chaque année avec des millions de pièces. Les dates à surveiller se trouvent hors de Paris : le Lyon de 1855, puis les premières années de l'atelier BB.
| Année | Atelier | Tirage | À regarder |
|---|---|---|---|
| 1853 | A | 5 729 471 | Première année ; flan bruni à tranche lisse |
| 1854 | A | 23 485 957 | Année la plus abondante ; flan bruni connu |
| 1855 | A | 16 595 397 | Deux paires de symboles : chien et main, ou main et ancre |
| 1855 | BB | 1 759 701 | Deux paires de symboles (abeille avec chien ou avec ancre) ; chiffre variable selon les sources |
| 1855 | D | 363 017 | Seule frappe lyonnaise ; lion petit ou grand, et D sur A |
| 1856 | A | 17 302 537 | Courante |
| 1856 | BB | 1 125 030 | Plus petit tirage de l'atelier BB pour ce type |
| 1857 | A | 19 193 214 | Paris seul cette année-là |
| 1858 | A | 16 860 982 | Courante |
| 1858 | BB | 2 016 653 | Chiffre variable selon les sources |
| 1859 | A | 20 295 429 | Courante |
| 1859 | BB | 5 870 646 | Année la plus fournie de l'atelier BB |
| 1860 | A | 10 219 917 | Variété au 6 regravé sur un 5 |
| 1860 | BB | 5 726 718 | Variété au 6 regravé sur un 5 |
Chiffres de BDOR et d'Abacor, qui concordent et dont la somme donne le total de 146 544 669. Autres chiffres publiés : 1 817 394 pour 1855 BB (Numista, CoinVarieties), 2 067 740 pour 1858 BB selon CGB. Les variétés d'une même année ne sont pas chiffrées à part ; les flans brunis n'ont pas de tirage connu.
Premier indice, la chevelure. Aucune feuille, aucun ruban : les cheveux sont courts et dégagent l'oreille. Si vous voyez une couronne de laurier, la pièce est postérieure à 1860 et relève de la fiche du 20 francs tête laurée.
Deuxième indice, le revers. Il n'y a ni aigle ni écu, seulement la mention « 20 FRANCS », le millésime et deux branches de laurier. C'est ce décor végétal qui, de loin, distingue le plus vite les deux types du règne.
Troisième indice, la légende de l'avers. Elle doit se terminer par « EMPEREUR ». Un profil presque identique se trouve sur la pièce de 1852 au nom de « LOUIS-NAPOLEON BONAPARTE », frappée sous la présidence avec un revers républicain.
Ensuite seulement, lisez l'année et la lettre sous le nœud du ruban. Pour une pièce douteuse, la balance doit indiquer 6,45 g, à quelques centièmes près sur un exemplaire usé. La page lire une pièce montre comment repérer chaque inscription.
Sous le cou, de chaque côté du nom BARRE, deux symboles minuscules identifient les responsables de la frappe. L'un est celui du graveur général. Jusqu'en juin 1855, c'est une tête de chien, marque de Jacques-Jean Barre. À sa mort, son fils Albert-Désiré prend le poste et la remplace par une ancre.
L'autre symbole appartient au directeur de l'atelier : une main pour Paris, une abeille pour l'atelier BB, un lion pour Lyon. En 1855 et 1856, on trouve donc deux versions d'une même date. Paris passe de chien et main à main et ancre ; l'atelier BB de chien et abeille à abeille et ancre. Les pièces à la tête de chien sont les moins nombreuses.
Le revers, lui, ne porte aucun symbole : seule compte la lettre. Ces détails ne se lisent qu'à la loupe, sous un éclairage de biais, et sur une pièce peu usée. Sur un exemplaire très circulé, la tête de chien et l'abeille deviennent de simples points.
La date la plus difficile du type est 1855 D. Lyon n'a frappé de têtes nues que cette année-là, à 363 017 exemplaires, avec trois variétés : un petit lion, un grand lion, et une lettre D gravée par-dessus un A de Paris.
Vient ensuite 1856 BB, à un peu plus d'un million de pièces. C'est peu, comparé aux dix-sept millions de Paris la même année. Le 1855 BB, à peine plus abondant, existe avec les deux paires de symboles décrites plus haut.
Certaines pièces de 1860, des deux ateliers, ont un dernier chiffre corrigé : la boucle d'un 5 transparaît sous le 6 quand on grossit l'image.
Restent les flans brunis de 1853, 1854 et 1855, frappés avec soin et reconnaissables à leurs fonds en miroir et à leur tranche lisse. Une tranche lisse sur une pièce ordinaire, sans fonds miroir, doit au contraire faire douter. Pour les conserver, voyez la page conserver ses pièces.
Le 10 francs or de la même époque reprend ce portrait en réduction : 19 mm et 3,23 g. Une pièce trop petite n'est donc pas forcément fausse, elle peut simplement être un demi-napoléon.
Les faux les plus anciens datent du Second Empire. Ce sont des pièces en platine doré, signalées pour 1857 A, 1858 A et BB, et 1860 A et BB. La dorure s'use sur les reliefs et laisse voir un métal gris. Elles sont aujourd'hui gardées comme curiosités.
Les contrefaçons récentes sont plus trompeuses, car frappées en or. Elles se trahissent par une chevelure molle, des symboles empâtés ou mal formés, des lettres de tranche inégales. Abacor signale aussi des épreuves unifaces en bronze doré, faciles à écarter à la pesée.
Sur une pièce authentique, l'usure aplatit d'abord les mèches proches de l'oreille, puis la pommette et la barbiche ; au revers, les nervures des feuilles. Une pièce dont chaque mèche reste séparée a peu circulé. Ne la frottez pas : les rayures de nettoyage ne s'effacent plus.
La dernière année de la tête nue est aussi celle où le pays de Grasse change de département. Signé à Turin le 24 mars 1860 et approuvé par les électeurs niçois les 15 et 16 avril, l'accord fait passer le comté de Nice à la France. Au mois de juin, Grasse et ses environs quittent le Var pour former, avec l'ancien comté, les Alpes-Maritimes. Toutes les têtes nues de 1853 à 1859 sont donc antérieures à ce changement.
Oui, à condition que l'année aille de 1853 à 1860 et que la légende finit par « EMPEREUR ». Une pièce de 1852 au même profil porte le nom de Louis-Napoléon Bonaparte : c'est un autre type.
Non. Lyon n'en a frappé qu'en 1855. Une tête nue portant la lettre D avec une autre date doit être examinée de près.
Parce que le graveur général a changé au milieu de l'année. Le père signait d'une tête de chien, le fils d'une ancre, et les deux marques coexistent sur les 1855.
Bertrand Mathieu, numismate de la boutique de Mougins, vérifie l'atelier, les symboles et l'authenticité lors d'une estimation gratuite.