Trois tailles, un seul alliage
Les trois pièces partagent le même dessin et le même or à 900 ‰. On les sépare d'un coup d'œil par la taille, puis on confirme en lisant le chiffre romain au-dessus de l'aigle.
- X CORONÆ : 19 mm, 3,39 g. La plus petite, un rien plus étroite que nos 10 centimes d'euro.
- XX CORONÆ : 21 mm, 6,78 g. La plus répandue.
- C CORONÆ : 37 mm, 33,88 g. Une grosse pièce lourde dans la main, presque cinq fois le poids d'une 20 couronnes.
Pourquoi du latin et pas de l'allemand ? Sur les ors autrichiens de François-Joseph, la légende comme la dénomination sont rédigées en latin. Côté hongrois, on lit « korona » sur les pièces. La couronne elle-même naît en 1892, quand l'empire abandonne le florin et adopte l'étalon-or : un kilogramme d'or fin donne alors 3 280 couronnes.
1912 et 1915 : deux dates bloquées
Une fois l'empire disparu, l'atelier viennois a relancé ces pièces en gardant une date fixe : la 10 couronnes reste à 1912, la 20 et la 100 à 1915. Ces refrappes officielles ont le poids, le titre et le dessin d'origine. Ce ne sont pas des faux, mais elles ne racontent pas la même histoire qu'une pièce de 1910.
Leur période de fabrication varie selon les auteurs : des marchands parlent des années 1960 ou de 1975, d'autres les arrêtent à la fin des années 1980 ou dans les années 1990 ; or la Münze Österreich les vend toujours.
Trois indices aident. La date d'abord, qui suffit dans la plupart des cas. L'aspect ensuite : une refrappe garde souvent un champ brillant, sans usure, avec seulement de petites marques de contact. Le parcours enfin : une pièce montée en bijou ancien ou très usée mérite un examen attentif, même datée 1915. Sur une pièce d'époque, l'usure touche d'abord la tempe, l'oreille et les favoris de l'empereur, puis les plumes de l'aigle et les petites couronnes de ses têtes.
Aigle ou anges : Vienne et Kremnitz
La Hongrie, associée à l'Autriche dans la double monarchie, frappait ses propres pièces d'or dans son atelier de Kremnitz, aujourd'hui Kremnica en Slovaquie. Même poids, même or, mais une tout autre image.
Côté portrait, François-Joseph n'apparaît pas en buste : il se tient debout, en roi de Hongrie. La légende est en hongrois et commence par « FERENCZ JÓZSEF I. ».
De l'autre côté, pas d'aigle : deux anges soutiennent les armes hongroises couronnées, avec les mots « MAGYAR KIRÁLYSÁG » (royaume de Hongrie) et la dénomination en korona. La marque K·B, pour Körmöcbánya, nom hongrois de Kremnitz, signe l'atelier.
La 10 et la 20 korona couvrent à peu près 1892 à 1915 ; certaines 20 korona ajoutent les armes de Bosnie. La 100 korona existe en 1907, pour les quarante ans du couronnement, puis au type du roi debout pour 1907 et 1908. Ces millésimes ont été refaits à leur tour : selon Wikipédia, on reconnaît ces refrappes à leur or plus rougeâtre et à des reliefs non mats.
Les pièces d'or qui leur ressemblent
La 20 francs française. Même diamètre de 21 mm, même titre, mais elle ne pèse que 6,45 g, contre 6,78 g. Sur une balance précise, l'écart se voit tout de suite. Les 20 francs Napoléon III sont les plus fréquentes à côté des couronnes.
Les 8 et 4 florins datés 1892. Ces ors de l'ancien système autrichien affichent deux dénominations, en florins et en francs. Vienne les a aussi refrappés, à la date 1892. La 8 florins a la masse exacte d'une 20 francs.
Les ducats autrichiens. Eux aussi refrappés à la date 1915, ils sont en or presque pur (986 ‰) et ne portent aucune dénomination chiffrée.
Les copies. Contrôlez le poids au centième et le diamètre au pied à coulisse : la plupart des imitations s'écartent de l'un ou de l'autre. Ne cherchez jamais à faire briller une couronne ternie, la page conserver ses pièces dit comment la garder. D'autres ors d'Europe figurent sur la page pièces d'or.