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Monnaies d’ailleurs · Autriche-Hongrie

10, 20 et 100 couronnes or de François-Joseph (Autriche-Hongrie)

Autriche-Hongrie · 1892-1916 (refrappes 1912 et 1915) · Or

Fiche du site Numismatique Grasse, par Maison Or & Bijoux Mougins · revue le

100 couronnes or d’Autriche datée 1915 (refrappe), avers : tête nue de François-Joseph signée ST·SCHWARTZ100 couronnes or 1915, revers : aigle bicéphale couronné, C CORONÆ MDCCCCXV
Photos : Politikaner, CC BY-SA 3.0 ; Politikaner, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir (adaptations sous la même licence). Dessin de Stefan Schwartz.
En chiffres
PaysAutriche-Hongrie
MétalOr 900 ‰ (10 % de cuivre)
Poids10 couronnes : 3,3875 g ; 20 couronnes : 6,7751 g ; 100 couronnes : 33,8753 g
Or fin3,0488 g pour la 10, 6,0976 g pour la 20, 30,4878 g pour la 100
Diamètre19 mm pour la 10, 21 mm pour la 20, 37 mm pour la 100
Années de frappe20 couronnes 1892-1916 ; 10 couronnes jusqu'en 1911 ; 100 couronnes 1908-1914 ; refrappes datées 1912 (10) et 1915 (20 et 100)
AteliersVienne pour l'Autriche, sans lettre ; Kremnitz (marque K·B) pour la Hongrie
RéférencesKM 2806, 2818, 2827 (20 couronnes) ; KM 2816 (10 couronnes) ; KM 2812, 2819 (100 couronnes) ; KM 491 (100 korona)
Catégoriesd’ailleurs, Pièces d’or

De 1892 à la fin de l'empire, l'Autriche-Hongrie frappe des pièces d'or en couronnes à l'effigie de François-Joseph. L'atelier viennois a continué bien plus tard à en produire, avec une date bloquée. Savoir lire cette date, et reconnaître la version hongroise, règle la plupart des questions.

Sur la pièce

10, 20 et 100 couronnes or de François-Joseph (Autriche-Hongrie) : ce qu’on y lit

100 couronnes or d’Autriche datée 1915 (refrappe), avers : tête nue de François-Joseph signée ST·SCHWARTZ

Avers

Tête de François-Joseph Ier tournée à droite : laurée sur la 20 couronnes de 1892 à 1905, puis nue entre 1909 et 1916, ce portrait étant signé « ST·SCHWARTZ » à la base du cou. Légende latine abrégée commençant par « FRANC·IOS·I·D·G·IMP·AVSTR », qui donne les titres d'empereur d'Autriche et de roi de Bohême, de Galicie, d'Illyrie et de Hongrie.

100 couronnes or 1915, revers : aigle bicéphale couronné, C CORONÆ MDCCCCXV

Revers

Aigle à deux têtes couronné, écu impérial sur la poitrine, épée et sceptre dans une serre, globe dans l'autre. La dénomination apparaît deux fois : en latin et en chiffres romains en haut (« X CORONÆ », « XX CORONÆ », « C CORONÆ »), en chiffres arabes avec « COR. » et l'année en bas.

Tranche
Devise « VIRIBVS VNITIS » en creux sur la 20 et la 100 couronnes ; motif d'ornements sur la 10 couronnes.
Graveur
Stefan Schwartz pour le portrait nu de 1909-1916 ; Anton Scharff ou Josef Tautenhayn selon les sources pour la tête laurée ; Rudolf Marschall pour la 100 couronnes du jubilé de 1908 et pour un type de 1909.
Dates et tirages

10, 20 et 100 couronnes or de François-Joseph (Autriche-Hongrie) : année par année

La règle tient en une ligne : une 10 couronnes 1912, une 20 ou une 100 couronnes 1915 sont presque toujours des refrappes. Toutes les autres années ont été frappées du temps de François-Joseph. Parmi elles, la 100 couronnes au portrait de Schwartz n'a jamais dépassé quelques milliers d'exemplaires par an.

10, 20 et 100 couronnes or de François-Joseph (Autriche-Hongrie) : dates et tirages
DénominationMillésimePortraitTirageRepère
10 couronnes1909Marschall2 319 872Type limité à une année.
10 couronnes1909Schwartz192 135Première année du portrait nu.
10 couronnes1910Schwartz1 055 387Courante.
10 couronnes1911Schwartz1 285 667Dernier tirage d'époque connu.
10 couronnes1912Schwartzn. c.Date bloquée des refrappes.
20 couronnes1892-1905Laurée32 956 441 en toutAnnées très inégales.
20 couronnes1893Laurée7 872 023Le plus fort millésime du portrait lauré.
20 couronnes1900Laurée26 537Le plus faible du portrait lauré.
20 couronnes1910Schwartz386 031La plus fréquente du portrait nu.
20 couronnes1912Schwartz4 460Faible tirage.
20 couronnes1914Schwartz82 104
20 couronnes1915Schwartzn. c.Date bloquée des refrappes.
20 couronnes1916Schwartz71 763Écu sans collier d'ordre (KM 2827).
100 couronnes1908Jubilé, Marschall16 026Soixante ans de règne, frappe soignée.
100 couronnes1909Schwartz3 203
100 couronnes1911Schwartz11 165Le plus fort millésime du type.
100 couronnes1914Schwartz1 195Le plus faible millésime du type.
100 couronnes1915Schwartzn. c.Date bloquée des refrappes.
100 korona (Hongrie)1908Roi debout, K·B4 038Refrappée aussi officiellement.

Tirages d'après Stash of Coins (données Numista) et CoinVarieties, repris de la fiche du site numismatique-cannes qui cite ces sources. Les refrappes ne sont pas chiffrées. Le statut des 20 couronnes 1915 reste discuté : Krause les classe toutes en refrappes, un exemplaire a été présenté comme frappe d'origine par une maison de ventes en Suisse.

Trois tailles, un seul alliage

Les trois pièces partagent le même dessin et le même or à 900 ‰. On les sépare d'un coup d'œil par la taille, puis on confirme en lisant le chiffre romain au-dessus de l'aigle.

  • X CORONÆ : 19 mm, 3,39 g. La plus petite, un rien plus étroite que nos 10 centimes d'euro.
  • XX CORONÆ : 21 mm, 6,78 g. La plus répandue.
  • C CORONÆ : 37 mm, 33,88 g. Une grosse pièce lourde dans la main, presque cinq fois le poids d'une 20 couronnes.

Pourquoi du latin et pas de l'allemand ? Sur les ors autrichiens de François-Joseph, la légende comme la dénomination sont rédigées en latin. Côté hongrois, on lit « korona » sur les pièces. La couronne elle-même naît en 1892, quand l'empire abandonne le florin et adopte l'étalon-or : un kilogramme d'or fin donne alors 3 280 couronnes.

1912 et 1915 : deux dates bloquées

Une fois l'empire disparu, l'atelier viennois a relancé ces pièces en gardant une date fixe : la 10 couronnes reste à 1912, la 20 et la 100 à 1915. Ces refrappes officielles ont le poids, le titre et le dessin d'origine. Ce ne sont pas des faux, mais elles ne racontent pas la même histoire qu'une pièce de 1910.

Leur période de fabrication varie selon les auteurs : des marchands parlent des années 1960 ou de 1975, d'autres les arrêtent à la fin des années 1980 ou dans les années 1990 ; or la Münze Österreich les vend toujours.

Trois indices aident. La date d'abord, qui suffit dans la plupart des cas. L'aspect ensuite : une refrappe garde souvent un champ brillant, sans usure, avec seulement de petites marques de contact. Le parcours enfin : une pièce montée en bijou ancien ou très usée mérite un examen attentif, même datée 1915. Sur une pièce d'époque, l'usure touche d'abord la tempe, l'oreille et les favoris de l'empereur, puis les plumes de l'aigle et les petites couronnes de ses têtes.

Aigle ou anges : Vienne et Kremnitz

La Hongrie, associée à l'Autriche dans la double monarchie, frappait ses propres pièces d'or dans son atelier de Kremnitz, aujourd'hui Kremnica en Slovaquie. Même poids, même or, mais une tout autre image.

Côté portrait, François-Joseph n'apparaît pas en buste : il se tient debout, en roi de Hongrie. La légende est en hongrois et commence par « FERENCZ JÓZSEF I. ».

De l'autre côté, pas d'aigle : deux anges soutiennent les armes hongroises couronnées, avec les mots « MAGYAR KIRÁLYSÁG » (royaume de Hongrie) et la dénomination en korona. La marque K·B, pour Körmöcbánya, nom hongrois de Kremnitz, signe l'atelier.

La 10 et la 20 korona couvrent à peu près 1892 à 1915 ; certaines 20 korona ajoutent les armes de Bosnie. La 100 korona existe en 1907, pour les quarante ans du couronnement, puis au type du roi debout pour 1907 et 1908. Ces millésimes ont été refaits à leur tour : selon Wikipédia, on reconnaît ces refrappes à leur or plus rougeâtre et à des reliefs non mats.

Les pièces d'or qui leur ressemblent

La 20 francs française. Même diamètre de 21 mm, même titre, mais elle ne pèse que 6,45 g, contre 6,78 g. Sur une balance précise, l'écart se voit tout de suite. Les 20 francs Napoléon III sont les plus fréquentes à côté des couronnes.

Les 8 et 4 florins datés 1892. Ces ors de l'ancien système autrichien affichent deux dénominations, en florins et en francs. Vienne les a aussi refrappés, à la date 1892. La 8 florins a la masse exacte d'une 20 francs.

Les ducats autrichiens. Eux aussi refrappés à la date 1915, ils sont en or presque pur (986 ‰) et ne portent aucune dénomination chiffrée.

Les copies. Contrôlez le poids au centième et le diamètre au pied à coulisse : la plupart des imitations s'écartent de l'un ou de l'autre. Ne cherchez jamais à faire briller une couronne ternie, la page conserver ses pièces dit comment la garder. D'autres ors d'Europe figurent sur la page pièces d'or.

Pays de Grasse

10, 20 et 100 couronnes or de François-Joseph (Autriche-Hongrie) et le pays grassois

Les couronnes d'or n'ont jamais servi de monnaie en France : celles que l'on trouve aujourd'hui dans les familles du pays de Grasse sont arrivées par des voyageurs, des héritages venus d'Europe centrale ou des achats d'or. Dans ces successions, une 20 ou une 100 couronnes datée 1915 est le plus souvent une refrappe viennoise, alors qu'une 1910 ou une 1912 a bien été frappée sous François-Joseph. La boutique de Mougins, à un quart d'heure de Grasse, peut lire la date et peser la pièce devant vous.

10, 20 et 100 couronnes or de François-Joseph (Autriche-Hongrie) : ce qu’on nous demande

Ma 20 couronnes est datée 1915 : est-elle ancienne ?

Le plus souvent non : 1915 est la date bloquée des refrappes de la Monnaie de Vienne. Quelques exemplaires sont décrits comme frappes d'époque par certains catalogues, ce qui reste discuté.

Une refrappe contient-elle moins d'or ?

Non. Elle reprend le poids et le titre d'origine : 6,10 g d'or fin pour la 20 couronnes, 30,49 g pour la 100 et 3,05 g pour la 10.

Que signifie K·B sur ma pièce ?

C'est la marque de Kremnitz (Körmöcbánya), l'atelier hongrois. Votre pièce est une korona hongroise, avec le roi debout et deux anges qui tiennent l'écu hongrois.

Peut-on faire contrôler une couronne gratuitement ?

Oui, par une estimation gratuite : lecture de la date, pesée et mesure du diamètre.