Avers
Profil de la Liberté tourné vers la gauche. Son bonnet phrygien porte des épis de blé, des capsules de coton et un bandeau marqué « LIBERTY ». Au-dessus, la devise « E PLURIBUS UNUM » ; treize étoiles font le tour ; le millésime se lit en bas.
Fiche du site Numismatique Grasse, par Maison Or & Bijoux Mougins · revue le

| Pays | États-Unis |
|---|---|
| Métal | Argent à 900 ‰, le reste en cuivre |
| Poids | 26,73 g |
| Argent fin | 24,057 g |
| Diamètre | 38,1 mm |
| Épaisseur | 2,4 mm |
| Années de frappe | 1878-1904, puis 1921 ; rééditions de collection en argent 999 ‰ à partir de 2021 |
| Ateliers | Philadelphie (pas de lettre), Carson City (CC), La Nouvelle-Orléans (O), San Francisco (S), Denver (D, 1921 seulement) |
| Références | KM# 110 |
| Catégories | d’ailleurs, Pièces d’argent |
Grande pièce américaine de 38 mm, le dollar Morgan montre une Liberté au bonnet garni d'épis et un aigle aux ailes ouvertes. Il sort des presses de 1878 à 1904, puis une dernière année en 1921, à plus de 650 millions d'exemplaires. Sur une table de comptoir, deux détails décident de tout : l'année et la petite lettre sous la couronne.
Profil de la Liberté tourné vers la gauche. Son bonnet phrygien porte des épis de blé, des capsules de coton et un bandeau marqué « LIBERTY ». Au-dessus, la devise « E PLURIBUS UNUM » ; treize étoiles font le tour ; le millésime se lit en bas.
Un aigle déploie ses ailes et tient dans ses serres des flèches et une branche d'olivier, le tout dans une couronne de laurier. On lit « UNITED STATES OF AMERICA », « ONE DOLLAR » et, en lettres gothiques au-dessus de l'oiseau, « IN GOD WE TRUST ». Une lettre d'atelier peut figurer entre le nœud de la couronne et le mot « DOLLAR ».
Le dollar Morgan existe en un peu moins d'une centaine de combinaisons d'année et d'atelier. La sélection ci-dessous garde les repères utiles : les petites frappes de Carson City, les années 1893 à 1895, très maigres, et quelques dates très communes pour comparer. Lisez toujours la lettre avant de conclure sur l'année.
| Atelier | Année | Tirage | À retenir |
|---|---|---|---|
| Philadelphie | 1878 | 10 508 800 | Ouverture du type ; deux revers, à huit puis à sept plumes de queue. |
| San Francisco (S) | 1878 | 9 774 000 | Date facile, utile comme pièce de comparaison. |
| Carson City (CC) | 1878 | 2 212 000 | Le premier Morgan du Nevada. |
| Carson City (CC) | 1879 | 756 000 | Tirage CC modeste, suivi de près. |
| Carson City (CC) | 1881 | 296 000 | Peu frappé, mais une partie a dormi en sacs. |
| San Francisco (S) | 1884 | 3 200 000 | Banale avec usure, introuvable ou presque sans usure. |
| Carson City (CC) | 1885 | 228 000 | Avec 1881, le plus bas des tirages CC. |
| Carson City (CC) | 1889 | 350 000 | Le millésime CC le plus convoité. |
| San Francisco (S) | 1892 | 1 200 000 | Les exemplaires sans usure sont rarissimes. |
| Philadelphie | 1893 | 378 000 | Année de panique financière, presses au ralenti. |
| Carson City (CC) | 1893 | 677 000 | Fin de l'atelier du Nevada pour ce type. |
| La Nouvelle-Orléans (O) | 1893 | 300 000 | Rare. |
| San Francisco (S) | 1893 | 100 000 | Plus petite frappe destinée à circuler ; date la plus copiée. |
| Philadelphie | 1894 | 110 000 | Rare. |
| Philadelphie | 1895 | 880 | Seulement des épreuves au champ miroir. |
| La Nouvelle-Orléans (O) | 1895 | 450 000 | Rare, encore plus en bel état. |
| San Francisco (S) | 1895 | 400 000 | Rare. |
| Philadelphie | 1899 | 330 000 | Faible pour cet atelier. |
| La Nouvelle-Orléans (O) | 1903 | 4 450 000 | Longtemps tenue pour rare, jusqu'aux sacs sortis par le Trésor en 1962-1964. |
| San Francisco (S) | 1904 | 2 304 000 | Dernière frappe avant dix-sept ans d'arrêt. |
| Philadelphie | 1921 | 44 690 000 | Coins refaits, relief aplati ; la date la plus fréquente. |
| Denver (D) | 1921 | 20 345 000 | La seule année où Denver frappe ce dollar. |
| San Francisco (S) | 1921 | 21 695 000 | Commune. |
Tirages repris du tableau de l'article Morgan dollar de Wikipédia (en) et contrôlés pour les dates clés sur PCGS et Numisview, comme sur les autres fiches du réseau. Sélection de 23 lignes sur l'ensemble des combinaisons connues.
Retournez la pièce côté aigle et cherchez sous le nœud de la couronne, juste au-dessus des lettres « DO ». Rien : la pièce vient de Philadelphie. Un O renvoie à La Nouvelle-Orléans, un S à San Francisco, un D à Denver, qui n'a frappé ce dollar qu'en 1921. Les deux lettres CC désignent Carson City, au Nevada, à côté des mines d'argent.
Cette lettre change tout. Une même année peut sortir à plusieurs millions dans un atelier et à quelques centaines de milliers dans un autre : 1893 frappé à Philadelphie et 1893 frappé à San Francisco ne se ressemblent que de loin aux yeux d'un collectionneur. Notez donc les deux informations ensemble, sous la forme « 1889-CC » ou « 1921-D », avant de chercher dans le tableau.
Une loupe de poche suffit. Si la lettre paraît plus épaisse que les autres caractères, mal alignée ou entourée d'un champ plus terne, mettez la pièce de côté : c'est exactement l'endroit que travaillent les faussaires, comme l'explique la partie consacrée aux retouches.
En février 1878, le Congrès vote le Bland-Allison Act malgré le veto du président Hayes : le Trésor doit acheter chaque mois entre 2 et 4 millions de dollars d'argent et le transformer en monnaie. Le nouveau dollar de Morgan est frappé à partir du 11 mars. En 1890, le Sherman Act accroît encore ces achats ; son abrogation, le 1er novembre 1893, en pleine crise, fait chuter la production. D'où les tirages squelettiques de 1893 à 1895.
Faute de métal acheté, les presses s'arrêtent en 1904. En 1918, le Pittman Act autorise la fonte des dollars d'argent : 270 232 722 pièces disparaissent, et une grande part de l'argent part au Royaume-Uni. La même loi oblige ensuite à racheter du métal pour reconstituer le stock, ce qui relance le Morgan en 1921 avec des coins neufs, avant que le dollar Peace ne prenne le relais la même année.
Ces fontes ont frappé au hasard : une date réputée commune peut être moins présente qu'on ne le croit, et l'inverse. Pour les autres pièces d'argent étrangères, voyez la rubrique pièces d'argent.
Une balance de cuisine précise au dixième de gramme écarte déjà la plupart des copies. Les autres monnaies d'Amérique sont réunies dans la rubrique monnaies étrangères.
Les copies grossières en métal blanc se trahissent par leur poids, un tintement sourd et parfois une réaction à l'aimant. Le vrai danger vient d'une pièce authentique que l'on modifie. Trois montages reviennent sans cesse : un S soudé sur un 1893 de Philadelphie pour simuler le 1893-S, un CC ajouté sur un 1889 sans lettre, et à l'inverse un S gratté sur un 1895-S pour fabriquer un 1895 de Philadelphie, connu seulement en épreuve.
Dans ces trois cas, le métal et le poids sont ceux d'un vrai dollar. Le seul indice est local : rayures d'outil autour de la lettre, joint de soudure, champ repoli qui brille différemment, ou chiffres du millésime d'une forme qui ne correspond pas à l'atelier annoncé. Une pièce de ces dates mérite donc un examen sous fort grossissement avant toute conclusion.
La surface aide aussi à juger. Des millions de Morgan ont dormi en sacs dans les coffres du Trésor : à côté de pièces très usées, on en trouve beaucoup sans circulation, mais criblées de petits chocs dus aux sacs. L'usure attaque d'abord les cheveux au-dessus de l'oreille et la poitrine de l'aigle. Une patine grise ou irisée est normale ; la frotter efface le brillant de frappe pour toujours, comme l'explique la page patine et taches.
Aucun fait historique ne relie le dollar Morgan au pays de Grasse : ce n'a jamais été une monnaie en France. Dans les familles de la région, il arrive comme partout par un voyage, un parent parti aux États-Unis ou une collection d'argent constituée au fil des années. Relever l'année et la lettre de chaque exemplaire avant de venir à la boutique de Mougins fait gagner du temps au tri.
Non. L'absence de lettre signifie simplement que la pièce a été frappée à Philadelphie.
Tous les CC ont été frappés en petit nombre, mais pas au même degré. 1889-CC est très recherché ; d'autres dates CC, vendues par le gouvernement américain entre 1972 et 1980 à partir de stocks jamais distribués, se trouvent encore sans usure.
Les coins de 1921 ont été refaits et leur relief est plus plat : cheveux et plumes y sont moins fouillés que sur les dates du XIXe siècle. Ce n'est pas un signe d'usure.
Gardez-les secs et sans nettoyage, puis demandez une estimation gratuite : le numismate vérifie la lettre, la date et l'état de chaque pièce.