Trente grammes et quarante et un millimètres
La 50 francs Hercule se reconnaît d'abord à la main : elle est nettement plus large et plus lourde que toutes les pièces de son époque. Trois mesures suffisent pour s'assurer de son métal.
- La balance : 30 g. Une copie en alliage léger reste bien en dessous ; une copie épaisse pour compenser se voit sur la tranche.
- La règle : 41 mm. La 10 francs Hercule, avec le même dessin, ne fait que 37 mm.
- L'aimant : il ne doit pas accrocher. Les reproductions en acier recouvert de nickel, recensées en nombre, collent dès le premier essai.
Lisez enfin le revers : « 50 » est écrit au-dessus de « FRANCS », sur deux lignes, et l'année se trouve en bas de la couronne. Une pièce qui passe ces trois contrôles est presque toujours une frappe courante de 1975 à 1979. Pour les mots du revers et des catalogues, voyez le glossaire.
L'hybride, l'essai et la 1980 en détail
L'hybride de 1974. Avant de choisir le montant de 50 francs, l'atelier parisien avait gravé, en 1973, un projet de 20 francs avec le même dessin. Ce projet n'a pas abouti, mais certaines pièces datées 1974 ont reçu l'avers de ce projet, avec le revers habituel. Il faut donc chercher la différence côté Hercule. D'après les descriptions de marchands, le sol sous les figures s'élargit légèrement, et un rameau grimpe davantage contre la robe de la Liberté. Sans photo de référence posée à côté, on ne peut pas trancher.
L'essai de 1974 porte le mot ESSAI. Il a été frappé à 13 800 exemplaires et n'a pas circulé.
La 1980 n'existe qu'en fleur de coin, à 60 000 exemplaires, réservée aux collectionneurs l'année même de la démonétisation. Une 1980 rayée, usée ou terne doit donc faire douter : vérifiez-la avec soin.
Avec quoi on la mélange
- La 10 francs Hercule (1965-1973) : même scène, 25 g et 37 mm, « 10 FRANCS » sur une seule ligne.
- Le projet de 20 francs de 1973 : il porte « 20 FRANCS » et n'a pas été émis.
- La 100 francs Panthéon, à partir de 1982 : argent au même titre de 900 ‰, mais un autre dessin et 15 g seulement.
- Les copies en métal commun, fréquentes dans les ventes entre particuliers : trop légères, magnétiques ou au relief mou.
Dans une boîte de famille, ces pièces arrivent souvent ensemble. Faites trois tas par diamètre avant de lire les dates : c'est le moyen le plus sûr de ne rien rater. Une pièce qui ne rentre dans aucun tas, par sa taille ou son poids, mérite d'être montrée telle quelle.
Rangée dans son étui : chocs de tranche et rayures
La plupart des 50 francs Hercule n'ont presque pas servi aux achats. Leur état se juge donc moins sur l'usure que sur les marques laissées par les manipulations.
Avec son poids, la pièce s'abîme vite quand elle cogne une voisine : une petite encoche sur le bord est le défaut le plus courant. Les grands champs lisses gardent aussi les rayures fines des pièces rangées en vrac. Si la pièce a circulé, le torse et le genou d'Hercule s'aplatissent les premiers, puis les drapés et les visages ; au revers, la couronne perd le détail de ses feuilles bien avant que l'inscription ne faiblisse.
Le voile satiné d'origine, qui tourne sous la lumière, disparaît pour toujours au premier polissage. Gardez chaque pièce dans son étui ou dans une capsule à sa taille. La page conserver ses pièces détaille le matériel à éviter.
Une pièce de cadeau plus que de commerce
Après la dernière 10 francs Hercule, datée 1973, la monnaie française se retrouve sans pièce d'argent de grand module. Après l'essai de 20 francs, le décret du 23 septembre 1974 crée la 50 francs, toujours avec le dessin de Dupré.
Légale, elle reste peu pratique : trop lourde pour une poche. On l'offre pour un baptême, une communion, des étrennes, puis elle dort dans un tiroir. D'où l'état souvent très frais des exemplaires retrouvés.
Au début de 1980, l'argent atteint des sommets et le métal de la pièce dépasse de loin son montant inscrit. Elle est retirée le 20 février 1980, avec les 5 et 10 francs d'argent, et beaucoup d'exemplaires partent à la fonte. Il faut attendre 1982 et la 100 francs Panthéon pour revoir de l'argent dans la monnaie courante.